De l’homme-singe à…l’homme-grenouille.

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De l’homme-singe à…l’homme-grenouille.

Message par Plouf ! le Mar 10 Fév - 21:26

Après avoir lu  il y a une quinzaine d'années le livre de Claude Riffaud intitulé "La grande aventure DES HOMMES SOUS LA MER" (éditions Albin Michel), j'avais écrit ces quelques lignes...

A vos commentaires.

Plouf !
RV

De l’homme-singe à…l’homme-grenouille.

C'était il y a plusieurs millions d'années...

L'homme, après s'être redressé, fut tout naturellement attiré par l'eau.

La pêche, la faim, la curiosité ou peut-être même le jeu, l'incitèrent à essayer de dompter les flots situés sur son territoire.

Dans l'Antiquité, Aristote puis Pline l'Ancien étudièrent la faune et la flore de la Méditerranée, décrivirent plusieurs centaines d'espèces, et imaginèrent les moyens d’en pénétrer les mystères.

Ces études permirent d'ailleurs à Pline d'écrire au 1er siècle avant J.C. : « Eh bien, par Hercule, dans l'océan aussi vaste soit-il, il n'existe rien qui nous soit inconnu et, fait vraiment merveilleux, les choses que la Nature a cachées dans le fond des océans nous sont les plus familières. »

On peut se demander ce qui poussa d'autres hommes dans l'étude des fonds marins ?!

L'intérêt des animaux peuplant les eaux du globes ne fut pas l'unique motivation de la conquête du monde aquatique : les guerres antiques firent appel aux premiers nageurs de combat pour couper les cordages et percer les coques des navires au mouillage, les plongeurs furent aussi sollicités pour ramener à la surface les précieuses cargaisons contenues dans les épaves, les monnaies d'échange telles que perles et coquillages incitèrent aussi l'homme à tenter de maîtriser l'élément liquide.

Les activités subaquatiques trouvant de multiples applications, la nécessité d'un matériel adapté obligea nos ancêtres plongeurs à innover.

Au roseau, sans doute premier tuba de l'histoire, ou à l'outre qui ne pouvait servir que de flotteur ou, au mieux, à fournir une à deux goulées d'air à un nageur, vinrent s'ajouter divers matériels facilitant le séjour en immersion.

Léonard de Vinci, entre autres, utilisa sa fertile imagination pour nous inventer palmes natatoires inspirées des pattes de grenouilles, systèmes de respiration en surface et autres scaphandres dont il est bien difficile de comprendre comment ils pouvaient fonctionner.

Utilisée par Alexandre, aïeul renommé de notre vénéré Président, en 325 avant J.C., la cloche de plongée fut réactualisée au 16ème siècle. C'est aussi à cette époque que des tonneaux en bois donnent naissance aux premiers sous-marins.

Sans oublier Archimède grâce à qui nous savons pourquoi nous flottons (parfois trop bien), les hommes de sciences comme Blaise Pascal, Robert Boyle, l'Abbé Edmé Mariotte ou Torricelli se font connaître au 17ème siècle.

Viendront ensuite, avec de nombreux types de sous-marins plus ou moins immergeables, de nombreux types de scaphandres plus ou moins autonomes.

En 1864, deux Français, Benoît Rouquayrol, Ingénieur des Mines, et Auguste Denayrouse, Lieutenant de Vaisseau, se rencontrent et adaptent le régulateur qu'a inventé Rouquayrol pour les mineurs afin qu'il puisse être utilisé dans un environnement plus…humide. Ils déposent un brevet pour un « réservoir-régulateur » qui est à la base de tous les développements de la plongée moderne.

Avec des matériels de plus en plus perfectionnés, la durée et la profondeur des travaux subaquatiques augmentent, entraînant l'apparition de « troubles inexpliqués » chez les scaphandriers, troubles qu'avait déjà notés Robert Boyle deux siècles plus tôt chez les hommes utilisant des cloches de plongée, victime de la « maladie des caissons ».

C'est encore un Français, Paul Bert, qui va faire avancer les connaissances sur ces problèmes. Il met en évidence les effets de l'oxygène, « l'air-feu », lorsqu'il est respiré sous pression et démontre le rôle de l'azote dans ces « accidents inexpliqués ». Il recommande alors de « remonter lentement et graduellement » pour limiter ces accidents.

Un Anglais, John Haldane, va beaucoup plus loin moins de vingt ans après. Il calcule, en 1896, les premières tables de décompression qu'adopteront la plupart des grandes marines militaires.

La plongée moderne est née !

Quatre-vingts ans après Rouquayrol et Denayrouse, initié à la plongée par le Mousquemer Philippe Taillez, Jacques-Yves Cousteau rencontre un ingénieur nommé Emile Gagnan. Ils fabriquent ensemble un prototype puis quelques appareils que Cousteau, Taillez et Frédéric Dumas vont utiliser avec frénésie dans le seul but du simple plaisir.

La plongée-loisir est née !

Dans les cinquante années qui suivent, le matériel ne va cesser d'évoluer avec les technologies nouvelles, nous amenant maintenant à plonger un micro-ordinateur au poignet.

Après Jacques-Yves Cousteau devenu le représentant mondial de la plongée en la médiatisant dans ses divers livres et émissions télévisées, c'est Nicolas Hulot avec Ushuïa puis Luc Besson dans le Grand Bleu qui émerveillent petits et grands par leurs reportages et par leurs films.

Ils ont contribué à l'essor de notre activité par la mise en image de décors d'une beauté jusque là insoupçonnée mais dont l'accès n'est possible qu'après l'acquisition d'un minimum de connaissances et de préparation.

Si le premier contact avec beaucoup d'autres sports ne nécessite aucune formation particulière, celui de la plongée doit avoir lieu au sein de structures d'enseignement qui dispensent les connaissances minimales permettant de préserver notre sécurité.

Bien formés, nous pourrons alors continuer cette grande aventure qui commença il y a bien longtemps...
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Plouf !


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Re: De l’homme-singe à…l’homme-grenouille.

Message par Alain le Mer 11 Fév - 17:14

Une belle rétrospective des événements qui commencèrent par une belle vantardise du sieur Pline l'ancien qui annonçait tout connaitre :
« Eh bien, par Hercule, dans l'océan aussi vaste soit-il, il n'existe rien qui nous soit inconnu et, fait vraiment merveilleux, les choses que la Nature a cachées dans le fond des océans nous sont les plus familières. »
 

Jusqu'à la morale de ce périple qui nous remémore que la formation est la meilleure solution à notre sécurité.
Sans oublier la grandeur des aïeux de notre président

Alain


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